Le cas Mathilda - ClockWise
Escape game

Le cas Mathilda

Thème
Horreur | Gore
Nombre de joueurs
2 à 5 joueurs
Niveau
Intermédiaire
Immersion
👏 Excellent
Prix
29 à 52€/joueur
Âge
dès 16 ans
30 %
Fouille
30 %
Manipulation
40 %
Réflexion

À Barjouville, près de Chartres, ClockWise propose plusieurs aventures aux univers très différents. Parmi elles, « Le cas Mathilda » plonge les équipes dans une histoire d’exorcisme au cœur des années 1970.

Nous l’avons jouée en janvier 2026, dans sa version classique donc horrifique. À noter que l’enseigne propose aussi une déclinaison sans peur, tout en avertissant qu’elle « dénature fortement l’expérience ».

Sur le site web de l’établissement, le niveau de difficulté affiché annonce malicieusement la couleur : « Que Dieu vous protège ». Un clin d’œil à la thématique ecclésiastique de la mission…

Le scénario

« Alors que le mois d’août touche à sa fin, vous avez été contactés par l’archevêque du diocèse de la ville de Chartres pour résoudre une mystérieuse disparition. Membres du clergé, courageux, agissant au nom de l’église, vous n’avez pas hésité et vous vous êtes rendus directement sur les lieux. À votre arrivée à l’église de la Sainte-Trinité, dans le petit village de Mortyville-sur-Eure, la gardienne vous accueille, paniquée. Un prêtre avait été contacté pour pratiquer un exorcisme sur une petite fille du village, Mathilda. Celle-ci s’est retranchée dans l’église, qui a la réputation d’avoir été le repaire de plusieurs groupes occultes au fil des siècles.

Malheureusement, les choses ont mal tourné, et le prêtre ainsi que Mathilda ont disparu la nuit dernière pendant qu’il tentait d’expulser l’entité maléfique qui avait pris possession de la petite fille. Depuis, d’étranges bruits se font entendre dans l’église. Il est 23 heures, nous sommes le 31 août 1972, vous avez une heure pour comprendre ce qui a bien pu arriver, avant que le démon n’ait pris définitivement possession de Mathilda. »

Le rôle central de l’obscurité

Soutane sur le dos et lampe-tempête en main, nous progressons dans la pénombre... Récompensé par l’Escape Game Award du meilleur décor de la région Centre-Val de Loire en 2022, « Le cas Mathilda » s’appuie avant tout sur son ambiance. Et il faut reconnaître que le rendu visuel est très convaincant. Les pièces traversées sont immédiatement identifiables et cohérentes avec la situation, on comprend toujours où on se trouve. Les matières utilisées, les textures, à commencer par les murs en pierre, renforcent la crédibilité des lieux. On identifie l’univers religieux rapidement, même si certains espaces restent relativement épurés et qu’un ou deux éléments sont a priori davantage là pour des questions de gameplay que de stricte vraisemblance.

L’obscurité joue un rôle central. On n’y voit jamais parfaitement clair, et nos lampes-tempête ne sont pas là pour faire joli : elles sont réellement nécessaires pour lire, observer et avancer. Cette pénombre constante renforce la tension et oblige à bouger avec prudence, sans pour autant rendre la progression désagréable ni impossible.

Comme souvent dans les escape games qui font peur, ici le nombre d’énigmes est réduit. En revanche, deux d’entre elles se démarquent par le temps qu’elles requièrent. Elles ne sont pas particulièrement compliquées, mais comme elles sont composées de nombreuses étapes, les possibilités d’erreur se multiplient. Sous pression, cela peut vite devenir piégeux : la moindre approximation oblige à revenir en arrière et peut faire perdre de précieuses minutes. Être minutieux dans un contexte horrifique n’a rien d’évident, mieux vaut rester concentré.

Être vu autant que vécu

Autre point assez rare dans une salle d’horreur : ici, la réflexion domine réellement. À un moment, un carnet et un crayon sont même à notre disposition, et ces accessoires deviennent indispensables pour structurer ses idées et éviter de s’éparpiller. Les autres casse-têtes reposent quant à eux surtout sur de l’observation. Ils ne se veulent pas excessivement difficiles, mais demandent rigueur et attention aux détails, ce qui, une nouvelle fois, n’est pas toujours facile avec un éclairage aussi limité et dans un environnement stressant.

Un personnage structure la room et rythme sa progression. La première partie du jeu rappelle les codes classiques des aventures d’horreur, avec quelques jump scares bien placés, qui installent de la tension et maintiennent l’équipe en alerte. Puis l’expérience évolue... Le rapport au personnage se transforme, et ClockWise introduit plusieurs séquences intelligemment mises en scène, clairement pensées pour être vues autant que vécues. La performance du ou de la game master est alors déterminante : c’est elle qui leur donne toute leur intensité. L’ensemble repose donc en grande partie sur cette présence incarnée.

Primé pour ses décors et porté par un game mastering central, « Le cas Mathilda » se révèle être un escape game d’horreur très immersif, solide et bien construit. La place accordée à la réflexion, assez rare dans ce type de mission, est l’une de ses particularités les plus marquantes. Même si la salle reste ancrée dans les codes classiques du genre, sans chercher à les détourner radicalement, son exécution maîtrisée, et surtout sa mise en scène réfléchie apportent suffisamment de relief pour en faire une très belle proposition horrifique.

Melissa Faucher par Melissa Faucher

Prix et récompenses

Salle récompensée aux Escape Game Awards

  • Meilleur décor 2022 région Centre-Val de Loire

Avis de la communauté : 97% de satisfaction

151 joueurs ont donné un avis sur ce scénario. 33 joueurs l'ont ajouté à leur todo-list.

 Histoire et cohérence du scénario
9.8/10
 Décors et immersion
9.8/10
 Qualité des énigmes
9.2/10
 Fun
9.9/10
 Accueil et game mastering
10/10